Liban
La Première Dictée des Traducteurs et des Interprètes
27 avril 2005
Lina SADER FEGHALI
L'année 2005 marquera un tournant dans l'histoire de la dictée. Tous les accros des Dicos d'or de Bernard Pivot, prêts à souffrir le martyre sous les coups de boutoir de ses coquecigrues
orthographiques et de ses éventuelles chausse-trapes (ou chausse-trappes), sont désormais privés de leur rendez-vous annuel avec les pièges de la langue française. Est-ce un indicateur de
l'obsolescence de cette pratique millénaire qui a presque disparu du cursus scolaire ou les prémices attendues de la victoire du langage SMS et des vérificateurs d'orthographe? Quelle que soit la
réponse, une chose est sûre : l'orthographe correcte est une preuve de respect et de politesse.
Ce phalanstère de candidats prouve une ferme intention de perpétuer la tradition de la dictée publique vieille de vingt ans. Avec pour seule(s) arme(s) des stylos-feutres ou des portemines (ou
porte-mines), tout un chacun espère être classé parmi les sans-faute.
Quant aux auteurs de cette dictée, ce sont des traducteurs. Traités de tous les noms, blancs-becs, bas-bleus, traîtres et j'en passe, nos martyrs sont d'infatigables globe-trotters qui ont toujours
voyagé d'une langue à l'autre et se sont acharnés contre les faux sens, contresens et non-sens. Accusés d'être atteints de pyrexie logorrhéique, nos traducteurs s'avèrent être plutôt des voyants
quand ils sont appelés à décoder les ambiguïtés.
Voici en quelques mots une description de l'événement (évènement) culturel que notre association organise aujourd'hui. Vous, candidats venus d'horizons différents et nous, traducteurs victimes de
toutes sortes de calomnies, sommes réunis aujourd'hui pour voler au secours de la dictée menacée d'extinction au troisième millénaire.
Chargée d'enseignement à l'ETIB et chef de section du Centre d'Etudes et de Recherches en Terminologie Arabe (www.certa.usj.edu.lb).

